Mon parcours
Du yoga à l'enseignement
J’ai découvert le yoga en 2004. Ce qui était au départ une pratique personnelle a progressivement pris une place importante dans ma vie, jusqu’à me conduire en Inde en 2010 pour suivre une formation d’enseignant.
Pendant de nombreuses années, j’ai enseigné un yoga situé principalement entre Hatha et Vinyasa, tout en restant curieux d’autres méthodes et approches que j’ai explorées au fil du temps. Je n’ai jamais ressenti le besoin de m’identifier exclusivement à une école : j’ai plutôt cherché à comprendre ce que chaque approche pouvait apporter à ma propre pratique, à mon enseignement et, surtout, aux personnes qui participent à mes cours, avec leurs besoins, leurs capacités et leurs objectifs différents. Cette curiosité, qui m’accompagne depuis mes débuts dans le yoga, est aussi celle qui m’a progressivement conduit à explorer le travail de force, la mobilité et, plus largement, le mouvement.
Le yoga est resté le fil conducteur de ce parcours, mais ma façon de pratiquer et d’enseigner n’a jamais cessé d’évoluer.
Devenir plus fort
À un moment de ce parcours, j’ai ressenti le besoin de redonner une place plus importante au développement de la force.
J’ai commencé par une approche assez classique, proche du powerlifting, basée notamment sur le programme StrongLifts 5×5 et sur les grands mouvements de musculation : squat, deadlift, développé couché, développé au-dessus de la tête…
Les bénéfices étaient évidents. J’étais plus fort, je développais et préservais ma masse musculaire et je retrouvais des capacités que la pratique du yoga seule sollicitait différemment.
Mais la même curiosité qui m’avait conduit au yoga puis à l’entraînement de force m’a finalement amené à me poser une nouvelle question :
Être plus fort suffit-il à mieux bouger ?
Soulever davantage de poids est une capacité précieuse. Mais comment apprendre à mon corps à utiliser cette force dans des situations plus variées ? Comment pousser, tirer, porter, ramper, se relever du sol, tourner, courir, sauter ou contrôler son propre corps dans l’espace ?
C’est à partir de ces questions que j’ai commencé à explorer davantage la mobilité active, la callisthénie, le travail isométrique et les mouvements naturels.
Bouger pour longtemps
Mon intérêt croissant pour la longévité m’a poussé à élargir encore cette réflexion.
Vieillir en bonne santé ne signifie pas seulement conserver de la souplesse ou de la force. Nous avons également besoin de préserver notre équilibre, notre coordination, notre puissance, notre vitesse et notre capacité à réagir.
Cela m’a notamment amené à réintroduire progressivement dans ma pratique le sprint, les sauts, la pliométrie et le travail athlétique.
Cette recherche m’a également sensibilisé à l’importance du travail préventif : observer la façon dont le corps bouge, identifier ses limitations et ses points faibles, puis travailler spécifiquement sur la mobilité, la stabilité, le contrôle et la force nécessaires pour les améliorer.
L’objectif n’est pas de chercher un corps « parfait », mais un corps qui conserve le plus longtemps possible sa capacité à s’adapter.
Ma pratique aujourd’hui
Je continue à aller en salle et à pratiquer les principaux compound lifts, car je reste convaincu de l’importance du développement et du maintien de la force.
Mais ma pratique est aujourd’hui beaucoup plus variée.
Elle associe selon les périodes et les besoins yoga, callisthénie, mobilité, exercices isométriques, mouvements naturels, kettlebell, Indian clubs, macebell, corde à sauter et travail athlétique, notamment le sprint.
La respiration occupe également une place croissante dans cette recherche. Je poursuis actuellement une formation Oxygen Advantage afin d’approfondir ma compréhension de la respiration et d’intégrer progressivement ces connaissances à ma pratique et à mon enseignement.
Je ne considère aucun de ces outils comme une réponse universelle. Chacun apporte quelque chose de différent. Ce qui m’intéresse est de comprendre quand et pourquoi l’utiliser.
Toujours du yoga ?
Toutes ces explorations m’ont finalement ramené au yoga — mais avec un regard différent.
Le yoga reste au cœur de mon parcours et je garde un profond respect pour sa tradition.
C’est précisément ce respect qui m’amène aujourd’hui à m’interroger sur la manière de définir ce que j’enseigne.
Lorsque l’on intègre au yoga la mobilité active, le travail isométrique, les mouvements naturels, la callisthénie, le développement de la force, la respiration et certains éléments de préparation athlétique, peut-on encore simplement appeler cela du yoga ?
Je préfère ne pas modifier le sens du mot yoga pour y faire entrer artificiellement tout ce que j’ai envie d’enseigner.
L’idée qui émerge progressivement est plutôt celle d’une pratique plus large : inspirée par le yoga, mais qui ne se limite pas au yoga.
Une approche dans laquelle différentes traditions du mouvement peuvent rencontrer les connaissances modernes sur la force, la mobilité, la respiration et la longévité.
Non pas pour créer de la nouveauté à tout prix, ni pour prétendre avoir inventé une nouvelle méthode, mais pour continuer à chercher des réponses à une question qui me paraît beaucoup plus intéressante :
De quoi notre corps a-t-il réellement besoin pour rester fort, mobile et capable tout au long de la vie ?
Continuer à apprendre
Je considère cette approche comme un parcours plutôt que comme une méthode achevée.
Après ma formation Oxygen Advantage, je souhaite poursuivre ma formation dans les domaines de la préparation physique, du mouvement et du kettlebell.
Dans le domaine de la force, StrongFirst reste notamment l’une de mes références, non seulement pour son approche technique mais aussi pour une philosophie de la force dans laquelle je me reconnais : la force n’est pas une fin en soi, mais une capacité qui rend beaucoup d’autres choses possibles.
Je veux continuer à apprendre auprès de différentes écoles, confronter ce que j’apprends à ma propre pratique et à mon expérience d’enseignant, et conserver ce qui me semble réellement utile.
Je ne cherche donc pas la méthode.
Je cherche des principes et des outils qui nous permettent de construire et de préserver un corps fort, mobile, coordonné et adaptable.
Un corps capable de bouger avec confiance aujourd’hui — et de continuer à le faire le plus longtemps possible.
